Paul Badura-Skoda joue Schubert au Musée Jacquemart-André

Paul Badura-Skoda est toujours actif à 91 ans, et un fidèle de la série de concerts organisés par Hervé Archambeau à Jacquemart-André.

Le grand maître autrichien avait choisi les 2 dernières Sonates de Franz Schubert, écrites dans les tous derniers mois de la courte vie du compositeur.

Badura-Skoda aime donner des explications au public avant de jouer, et il n’a pas  failli à la tradition en présentant en français, en détail la Sonate D. 959 – jouant les différents thèmes et les passages clés -,  et moins en détail la Sonate D. 960. Si les 2 Sonates partagent bien des aspects, elles ont aussi d’importantes différences.

Badura-Skoda a expliqué que la D. 959 est très moderne (50 ans en avance sur son temps), et il a naturellement parlé de l’Andantino et de la brusque explosion en son centre qu’il a comparé à une éruption ou un tsunami, liée à la lucidité de Schubert sur la maladie mortelle qui le rongeait. Pour moi, cette partie est l’une des plus incroyablement émouvantes de toute la musique classique (avec la section assez similaire dans l’Andante cantabile con espressione de la 8e Sonate K. 310 de Mozart, composée à Paris au moment de la mort de sa mère). Badura-Skoda a ensuite expliqué que la D. 960 est au contraire une oeuvre où Schubert s’est résigné à son sort.

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