Peter Hammill à Paris et Londres, Janvier 2010

Le 1er concert pop/rock/jazz de 2010 a été celui de Peter Hammill à La Maroquinerie à Paris. Peter est quelqu’un de ponctuel – quelque chose d’appréciable – mais en raison de la congestion des transports publics c’est moi qui suis arrivé quelques minutes en retard, et qui ait raté le 1er morceau, Easy to Slip Away.

Je n’étais pas content mais me suis très vite concentré sur les chansons que le “thin man” interprète avec passion, colère, humour, et toute la gamme des sentiments humains.

Comme d’habitude avec ses concerts solo, PH a démarré au clavier, donnant de très bonnes versions de Other Old ClichésShell et Gone Ahead. Ce titre est l’un de mes préférés tiré de son his album Incoherence, le successeur de Clutch, 2 chefs d’oeuvre des années 2000.

Peter Hammill

Peter Hammill (c) DarkVinland

The Mercy refermait la partie clavier, et Peter est passé à la guitare pour jouer Comfortable, un remarquable I Will Find You et un fabuleux Driven.


No-one ever knows the road they’re on.
I’m driven by my younger self into a corner.
I remember dreaming the open road.
I liked to think I had control
but my hands on the wheel
were guided by some outside force
as my future revealed.
I slalomed through life’s obstacles
more on instinct than feel.
I picked myself up as a hitcher
and it’s really quite a deal
to see this lifelong journey
through his eyes.
Just as we got going we’ve arrived.
We’re driven by our older selves
into what we become and all our careful planning
turns out strictly rule of thumb.
We’re driven by ourselves
but dream we’re free, on the open road.
Free, on the open road.

Peter Hammill

Peter Hammill (c) DarkVinland

Puis venaient Stumbled, Central Hotel et une interprétation fantastique de Patient.


raging at the illness
when the rage may be its cause,

Waiting for the doctor to come.

There isn’t any doctor,
there isn’t any cure

Retour au clavier pour jouer un époustouflant His Best Girl, un très touchant Meanwhile My Mother, UndoneFaculty X, un excellent A Better Time et Traintime.

Peter est revenu donner un bis, un vieux morceau, Vision.


Take my tongue, take my torment,
take my hand and don’t let go.
Let me live in your life,
for you make it all seem to matter.
Let me die in your arms,
so the vision may never shatter.
The seasons roll on;
my love stays strong.

Peter Hammill

Peter Hammill (c) DarkVinland

Quelques jours plus tard, je traversais la Manche pour assister à un autre concert de PH, au Cadogan Hall à Londres.

Cette fois je suis arrivé suffisamment tôt pour me retrouver assis au premier rang de cette belle salle. Le public de Hammill sait qu’il ne doit pas s’inquiéter de voir des concerts de manière rapprochée, car la set list change chaque soir et l’interprétation de Peter n’est pas figée. Et dans ce cas précis, un grand piano Steinway remplaçait le clavier de Paris.

Peter s’est assis au piano et a ouvert les hostilités avec Don’t Tell Me, suivi de Shell et d’une très bonne version de Nothing Comes. Premier gros choc de la soirée, son interprétation de The Mercy !

Il était l’heure de passer à la partie guitare. Pendant qu’il s’accordait, PH a fait quelques commentaires appropriés sur le gouvernement britannique et l’invasion de l’Irak, et a indiqué qu’il allait changer le sexe du protagoniste de Comfortable, elle devenant ce soir il.

Peter Hammill

Peter Hammill (c) DarkVinland

Il a donné des versions exceptionnelles des 2 titres suivants, Shingle et Driven. Shingle est l’une de ses chansons d’amour les plus tristes (hormis celles de la période d’Over), tiré du superbe album Nadir’s Big Chance de 1975.

You can see in the last light that’s graced as dawn
that there’s nothing in my heart but pain
as I stand, facing sea, knowing that you’re gone…
all the elements rage to explain
that I should really be on my way
but there is something
which ensures I must stay.

Beneath the roar of the seething surf,
beneath the caterwaul of scattered call wind
thoughts and gestures unspoken, unheard
and now the dance of rapture begins
as the waves rush along across the beach –
like you, like your love
forever out of reach.

Look at the sky, but it’s empty now;
look at the sea, it holds nothing but despair.
I raise my eyes, but my head stays bowed…
I look to my side, but you’re not there.
And I can’t get you out of my mind,
no, no, no, no, I just can’t get you from my mind.

Peter Hammill

Peter Hammill (c) DarkVinland

Un changement d’accordage, et voici The Habit of the Broken Heart, un nouveau changement d’accordage et Peter offre une version bouleversante de (on Tuesdays she used to do) Yoga, jouant certains accords de bas en haut, de la corde aigüe à la grave. 3e accordage et Peter habite magnifiquement ses versions de Stumbled et Patient.

Peter Hammill

Peter Hammill (c) DarkVinland

Puis PH repasse au piano pour la dernière partie de la soirée, débutant avec un émouvant et tragique Friday Afternoon, Peter jouant des accords dissonants et les accentuant par des silences. Les autres morceaux restent à ce niveau d’excellence – je considère souvent que Peter Hammill est comme un cousin de Jacques Brel, Ian Curtis, ou Iggy Pop en termes d’intensité sur scène, tous ayant un monde musical qui leur est propre mais partageant ce don de soi – Undone et A Way Out, l’une de ses chansons les plus personnelles. Et à mon humble avis, le morceau le plus extraordinaire du concert. 

Mais pour être juste, et Faculty X et Stranger Still qui refermaient la soirée auraient suffi à rendre le public heureux et à justifier le voyage à Londres. Après une fin de Stranger Still paroxystique, tout le public s’est levé comme un seul homme pour remercier Peter.

Qui a dit quelques mots sur l’optimisme / le pessimisme qui était à peu près “Je continue à croire que les choses (plus) sombres aident à avancer” avant de jouer le bis, A Better Time.

Merci Peter !

PS: vous pouvez lire (en anglais) le post dans le Tommy Udo’s blog sur ce concert.